La qualité d’un produit doit-elle se juger uniquement sur le produit fini ?

Doit-on aussi prendre en compte comment et par qui sont réalisés les matières premières du dit produit  ?

Leur mode de production est-il polluant ou pas ?

Chez Gaiia nous considérons que toutes les étapes nécessaires à la fabrication d’une matière première sont aussi importantes que le produit fini.

Un produit fini peut-il être considéré comme vertueux pour l’environnement si un de ces principaux composant est fabriqué par des industriels de la pétrochimie polluante ?

Actuellement, la grande majorité des shampoings solides présents sur le marché contiennent un (voir plusieurs) tensioactifs de synthèse et qui représente un gros pourcentage du produit fini . Il s’agit de molécules régulièrement utilisées en tant qu’agent émulsifiant ou stabilisant (gels douche, shampoings, liquides vaisselles etc…). Leur synthèse s’inscrit dans les processus de fabrication utilisés en chimie conventionnelle, décrits comme polluants, non respectueux de l’environnement, et entrainant ainsi l’apparition de nombreux produits secondaires non-transformables.

L’un des tensioactif les plus utilisé pour la fabrication de cosmétiques solide comme le shampoing solide est le SCI (Sodium Cocoyl Isethionate). Il s’agit d’un tensioactif dérivé de l’huile de coco. Il existe également le Sodium Isethionate, non issu de coco.

Ces deux molécules sont elles mêmes issues de voies de synthèse longues, chacune d’entre elles produisant de nombreux déchets parfois réutilisables, parfois non exploitables ou non recyclables.
En effet, ces molécules indésirables sont, pour la plupart, chlorées et donc difficiles à recycler. Extrêmement toxiques, elles peuvent, si elles ne sont pas prises en charge, détériorer l’environnement et les milieux aquatiques. La chimie du souffre reste également très polluante car elle utilise de l’acide chlorhydrique et d’autres acides forts, en fortes concentrations, détruisant ainsi la faune et la flore.

C’est pourquoi, dans nos produits Gaiia, nous n’utilisons pas de tensioactifs de synthèse . Tous nos savons et shampoing solide sont créés et formulés uniquement à partir du processus de saponification à froid, permettant ainsi de transformer l’ensemble de nos matières premières en savons. Aucun produits secondaires n’est alors formé et rejeté.

Exemple d’une synthèse menant au Sodium Isethionate + produits secondaires polluants

  • (1) : pyridine
  • (2) : 2-hydroxyethanesulfonyl chloride
  • (3) :2-pyridin-1-ium-1-ylethanesulfonate
  • (4) :Sodium isethionate
  • (5) :Sodium 2-chloroethanesulfonate monohydrate
  • (6) : sodium 2-hydroxyethane-1-sulfonate-1-d

Avec cet exemple, on comprends clairement que pour obtenir et vendre 1 produit (entouré en vert) on en créer 3 (entourés en rouge) qui ne servent à rien et qui sont polluants.


Principaux fournisseurs / producteurs de SCI et autre ingrédients pétrochimiques :
Innospec Inc., Clariant International, BASF SE, Huanggang Yongan Pharmaceutical Co., Ltd, Galaxy Surfactants, AkzoNobel NV, Jeen International Corporation, KIYU New Material Co., Ltd. , Henan Surface Chemical Industry Co Ltd



L’une vient de Grenoble et l’autre de Montpellier, elles n’étaient pas destinées à se rencontrer et pourtant, elles ont partagé le même bureau pendant plus d’un mois, au cœur de la savonnerie Gaiia. Cette drôle de rencontre, c’est la nôtre. Aurore, 19 ans, en DUT de Chimie à Grenoble et Marine, 20 ans, en Licence de Chimie à Montpellier. Deux étudiantes enthousiastes, toniques et uniques à la recherche d’un stage de fin de cursus.
Et c’est finalement chez Gaiia que nous avons atterri. Aurore suite au faux bond d’une autre entreprise et grâce à sa joie de vive, Marine par sa détermination et son amour pour les savons.
Deux chimistes passionnées de cosmétiques et de parfums qui se retrouvent dans une savonnerie au grand cœur… ça ne pouvait que mousser !

Le point de vue de Marine :

« Me voilà arrivée dans la « Gaiia family ». Je rencontre alors Aurore, déjà là depuis un petit moment maintenant. Nous travaillerons toutes les deux pendant cinq semaines sur la formulation d’une lotion rééquilibrante pour les cheveux. C’est top, je suis ravie. C’est une chance pour une stagiaire de deuxième année de pouvoir suivre la création d’un cosmétique, de sa conception, à sa fabrication en passant par la case « normes réglementaires ». En plus, l’équipe est super et toujours prête à nous filer un coup de main. Nous avons même pu créer notre propre savon… à la carotte ! On peut dire qu’on n’a pas vraiment choisi la facilité ni la simplicité, mais malgré tout il est réussi, et ça, on en est vachement fières. À tel point qu’on s’est même permises de lui donner un petit nom tout mignon : l’Aimable.

Notre super savon (objectivement bien sûr)

Bref, à un jour de la fin de l’aventure Gaiia, je ne retiens que du positif de cette expérience et remercie toute l’équipe pour leur gentillesse et leur simplicité. Avec Aurore, on a hâte de pouvoir revenir formuler un savon à la betterave, brocolis et quiche au thon dans les années à venir !

Le point de vue d’Aurore :

« Ce stage, je l’ai commencé le 15 avril 2019 pour une période de 10 semaines. Angoissée de nature, je suis arrivée toute stressée le premier jour. Ce stress était en fin de compte inutile, je l’ai vite vu en apprenant à connaître les membres de la famille Gaiia : tous très gentils et ouverts. Je voulais réaliser un stage en formulation, et je suis bien tombée. Quand j’ai su que j’allais formuler une solution rééquilibrante du pH des cheveux, j’étais vraiment contente. Beaucoup de recherches et d’analyses se sont enchaînées pour trouver les bons ingrédients et la bonne formule. Une fois celle-ci trouvée, il a fallu réfléchir au packaging. En effet « La Capsule » doit résister à l’humidité. Nous avons donc effectué des tests originaux avec Marine afin de déterminer l’emballage qui conviendrait le mieux. C’était une très bonne expérience, j’ai acquis de nouvelles connaissances qui me serviront pour mes études à venir. Encore merci ! »

« La Capsule »

Merci à toute l’équipe, Franck, Philippe, Sandrine et Marjorie de nous avoir aussi bien accueilli. On reviendra c’est sur, et de bon cœur !



ATTENTION ! ARTICLE PAS SEXY MAIS INSTRUCTIF !

La fabrication de savon solide requiert l’utilisation de soude (NaOH : hydroxyde de sodium).
Et ce, quel que soit le type de savon solide, à froid, à chaud, industriel ou artisanal, bio ou non bio…
La soude est le réactif qui permet la transformation des huiles / beurres (corps gras) en savon et en glycérine.

Il est aussi important de préciser qu’il n’y a plus de soude dans nos savons une fois le savon fabriqué bien sur :-)

Néanmoins, nous pouvons nous interroger sur la provenance de celle-ci :

  • Comment est-elle fabriquée ?
  • En quoi son processus de fabrication impact-il les milieux naturels ?

Actuellement, il existe plusieurs méthodes de fabrication de la soude. Pour chacune d’entre elles, la production d’hydroxyde de sodium s’accompagne de formation de dichlore, revendu par la suite à d’autres industries.

1. Procédé « membrane »

Schéma du principe de fonctionnement du procédé « membrane »

Le compartiment anodique de la cellule est alimenté par une saumure de NaCl et celui dédié à la cathode est alimenté par de l’eau.
Anode : oxydation du chlorure en chlore
Cathode : réduction de l’eau en dihydrogène et ions hydroxydes
→ Les ions Na+ du compartiment anodique passent à travers une membrane échangeuse d’ions (membrane sélective) puis se combinent avec les ions OH- déjà présents dans la solution cathodique, et forment ainsi de l’hydroxyde de sodium en fin de processus.
→ En sortie d’anode, le chlore formé n’est pas considéré comme produit secondaire indésirable : c’est un co-produit, filtré, récupéré et utilisé par d’autres industries.

Contrairement aux procédés suivants, l’emploi de cette technologie permet de s’affranchir des risques liés à l’environnement : c’est une méthode inoffensive, nécessitant peu d’énergie, capable de générer une soude de grande qualité et c’est cette soude que nous utilisons pour la fabrication de nos savons Gaiia.

2. Procédé à cathode de mercure

Cette technique consiste à produire, via une électrolyse, un amalgame Hg-Na, du chlore ainsi que de la soude dans des compartiments distincts. Cette méthode de fabrication permet alors de générer de grandes concentrations d’hydroxyde de sodium dans le produit final (à hauteur de 50 %). En revanche, ce procédé dégrade largement l’environnement du fait de l’utilisation du mercure, produit toxique pour toutes les espèces vivantes connues. De ce fait, l’utilisation de cette technique décroit largement : le Japon a finit de convertir, en 1988, tous les sites utilisant du mercure tandis que l’Europe et les EU tentent de limiter au maximum les pertes de ce métal.

3. Procédé à diaphragme percolant

Il s’agit d’une technique qui met en jeu une toile métallique recouverte d’une couche d’amiante permettant la formation de soude, grâce à un procédé électrolytique :

Le diaphragme permet alors d’obtenir une solution cathodique de 140g/L de NaOH contaminée par du chlorure de sodium (NaCl) à 160g/L. Ainsi, l’utilisation d’amiante, le rejet de vapeurs de dichlore ne permettent pas de qualifier ce procédé comme inoffensif vis à vis de l’environnement. Finalement, la soude formée est affectée par la présence de sel : elle n’est pas de très bonne qualité.

Chez Gaiia, nous avons fait le choix d’utiliser de la soude membranaire, respectueuse des milieux naturels, pour la fabrication de nos savons surgras. Ce choix s’inscrit dans la continuité de notre démarche zéro déchet, toujours dans l’objectif de vous proposer des produits de qualité.

Taux d’utilisation des différents procédés de formation de la soude NaOH en fonction des années.


Liste de quelques fabricants de soude : Inovyn, Solvay, EUCOM…


Article rédigé par Aurore et Marine, en IUT et Licence de chimie en stage chez Gaiia.